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Économie, emploi, créations d’entreprises… Comment les contexte sanitaire et géopolitique impactent notre département ?

Mardi 22 mars, quelques membres du réseau C’Chartres Business se sont réunis lors d’une conférence. Au programme, un point de conjoncture économique pour éclairer sur les impacts à venir. Les interlocuteurs se sont succédés pour ce premier événement de l’année en présentiel organisé par le réseau C’Chartres Business.

« Ce qui aurait pu être considéré comme une relance, ou tout du moins un début de croissance, a immédiatement été contrecarré par le déclenchement des hostilités entre la Russie et l’Ukraine », a introduit Didier Garnier, vice-président de Chartres métropole en charge du développement économique et président de C’Chartres Business. Des conséquences humaines bien sûr mais également économiques. Baisse de pouvoir d’achat, hausse des prix de l’énergie et du carburant, pénurie des matières premières… Les conséquences d’un contexte géopolitique fragile qui touchent les pays européens, la France, la région et plus localement, le département.

Un mois de février marqué par le reflux de la 5ème vague pandémique et le conflit russo-ukrainien

Les choses semblaient repartir dans le bon sens. En juillet 2021, la France avait retrouvé son niveau d’activité de fin 2019. Selon certains chefs d’entreprise, leur activité a progressé plus que ce qu’ils avaient imaginé. En région Centre-Val de Loire, l’activité dans l’industrie manufacturière a poursuivi sa progression. Néanmoins, les chefs d’entreprise évoquent toujours les difficultés d’approvisionnement qui varient selon le type de matière première. Le contexte géopolitique n’arrangeant rien, il accroît les inquiétudes quant à la hausse des prix de l’énergie. Au niveau des carnets de commandes, la demande reste dynamique et les perspectives d’activité pour les prochaines semaines restent favorables. En revanche, dans la région, les chefs d’entreprise ont du mal à appréhender les effets directs ou indirects du conflit en Ukraine, à moyen terme. « C’est un indicateur d’incertitude qui peut jouer un rôle dans les décisions d’investissement et de recrutement ; ce qui engendrerait un risque de paralysie qui impacterait la croissance à long terme », explique Ali Aïchoun, adjoint au directeur départemental de la Banque de France d’Eure-et-Loir.

Moins de croissance d’une part, plus d’inflation d’autre part, le tout dans des proportions incertaines

Face à cet événement géopolitique majeur, la Banque de France a pensé deux trajectoires possibles et plausibles : un scénario conventionnel et un scénario dégradé. « Dans ces deux scénarios, les impacts seront importants pour l’économie française mais ils devraient cesser à l’horizon 2024 », nuance Ali Aïchoun.

« Dans nos deux scénarios, l’inflation redescendrait sous les 2% d’ici 2024 (…) sous la moyenne européenne »

Pour l’heure, le conflit en Ukraine semble avoir des conséquences plus mesurées que la pandémie de coronavirus. Le premier se déroule sur une zone géographique déterminée tandis que la seconde s’est propagée à vitesse grand V dans le monde entier. « Nous considérons que l’inflation va être temporairement durable ou durablement temporaire. Par contre, dans nos deux scénarios, l’inflation redescendrait sous les 2% d’ici 2024, ce qui nous permettrait de rester sous la moyenne européenne. »

12 000 demandeurs d’emploi sur le territoire de Chartres et autant de main d’œuvre potentielle

Depuis 2010, le bassin d’emploi s’est réduit. Pour les chefs d’entreprise, cela implique une zone plus restreinte pour capter la main d’œuvre qui s’est, elle aussi, réduite. Tout cela occasionne des difficultés de recrutement. L’agglomération compte 58 000 emplois, c’est près de 40% de l’emploi en Eure-et-Loir. « Nous avons une vraie agglomération moteur sur le département en matière d’emplois et d’entreprises car 30% des établissements sont sur l’agglomération », souligne Sébastien Odon, chef de projet à la Maison des Entreprises et de l’Emploi de l’agglomération chartraine.

« L’agglomération compte 58 000 emplois, c’est près de 40% de l’emploi en Eure-et-Loir »

Au chapitre des embauches, on note une certaine croissance des CDI mais aussi des contrats courts et CDD. À l’inverse, l’intérim a chuté à un niveau très bas au 1er trimestre 2021. Actuellement, elle se stabilise mais devrait croître dans les prochains mois. Une croissance de l’emploi sur l’agglomération qui se retrouve dans tous les secteurs d’activité : + 2,2% dans les services ; + 2,1% dans l’industrie ; + 4,4% dans le BTP ; + 5,4% dans l’hôtellerie, la restauration, le transport et le commerce. Tous semblent profiter de la reprise économique qui s’est amorcée suite à la crise sanitaire.

Crise sanitaire, génération Z… La nécessité de recruter autrement

Une reprise économique qui a un impact sur le marché du travail. Le taux de chômage à Chartres s’établit à 6,5% contre 6,9% pour Châteaudun, 9% pour Dreux et 8,1% pour Nogent-le-Rotrou. L’équation semble évidente : un nombre de demandeurs d’emploi qui baisse drastiquement entraîne des tensions de recrutement. « Ces tensions sont certes liées à un cycle économique mais elles sont aussi structurelles », étaye Sébastien Odon. Pour sortir de ces tensions, Sébastien préconise aux chefs d’entreprise de « recruter autrement ». La crise sanitaire a provoqué des changements de comportement des demandeurs d’emploi qui aspirent à une vie plus équilibrée. C’est encore plus le cas au sein de la génération Z. « Chez ces jeunes, ce n’est plus le salaire qui prime ; ils évoquent l’importance des conditions de travail et d’adaptation dans l’entreprise. » Une responsabilité des chefs d’entreprise qui doivent recruter différemment, fidéliser cette génération volatile, attirer les profils et s’inscrire dans une réelle dynamique d’attractivité des métiers.

En 2021, 76% des entreprises créées étaient des micro-entreprises

La région Centre-Val de Loire s’appuie sur un tissu de 60 000 entreprises dont un sixième se trouve en Eure-et-Loir. Ces 60 000 entreprises représentent aussi 80 000 salariés dont près de 10% d’apprentis. Sur l’année 2021, Érik Leconte, chargé de mission études statistiques et déploiement d’outils numériques à la Chambre de Métiers et de l’Artisanat Centre-Val de Loire, rend état d’une évolution de 6,6% du solde d’entreprises dans la région. Soit, 3 700 entreprises supplémentaires sur la région en 2021. « Une hausse jamais enregistrée ! », insiste Érik Leconte. Dans le détail, ce sont les entreprises du service qui porte cette croissance : 1 700 entreprises supplémentaires.

En 2021, sur le total des créations d’entreprises, 76% sont des micro-entreprises. En Eure-et-Loir, le chiffre grimpe à 77%. « Nous sommes globalement sur des entreprises plus présentes dans le secteur de la production, du bâtiment et des services ; par contre ces micro-entreprises sont plus rares dans l’alimentaire », nuance Érik Leconte qui explique ce phénomène par la difficulté d’avoir des capitaux élevés, nécessaires pour ouvrir un commerce dans le secteur de l’alimentaire.  

La CMA Centre Val-de Loire lève le voile sur ses enjeux majeurs. Le premier est de faciliter l’agrandissement de ces micro-entreprises. Le second concerne les entreprises dites « classiques » qui ont des schémas de vie un peu plus pérennes. Là, la CMA mise sur la transmission afin que les micro-entreprises puissent devenir, demain, des salariés dans les entreprises qui ont besoin de recruter. « Transmission et emploi, les deux sujets sont liés et ils font partie de nos enjeux. »

En Centre-Val de Loire

58% des créateurs d’entreprises ont moins de 40 ans

30% des créateurs d’entreprises sont des femmes

À 5 ans

58% de pérennité sur une entreprise classique contre 31% pour une micro entreprise

Dans l’agglomération

78% d’emplois dans le tertiaire

57% dans le bâtiment

14% dans l’industrie

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