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Bruno Rocquain, le nouveau visage de la CCI 28

Ils ont réussi les sélections départementales et régionales avec brio. Valentin Coutant et Marius Connan, tous deux âgés de 22 ans, ont participé aux finales nationales des Olympiades des métiers, en janvier dernier. Les deux jeunes euréliens ont su s’illustrer parmi des centaines de compétiteurs venus de toute la France.

Ils ont fait le voyage jusqu’à Lyon et décroché l’argent et le bronze. Valentin Coutant et Marius Connan sont euréliens et ont tous deux suivi un cursus en alternance dans les métiers de l’artisanat. Le premier est maçon, le second est carreleur. Ils se sont chacun illustré lors d’une épreuve liée à leur domaine d’activité. Retour sur une expérience qui ne les a pas laissés indifférents.

Valentin Coutant, 22 ans.

Diplômé d’un BAC pro Gros œuvre

Médaillé d’argent en maçonnerie aux finales nationales des Olympiades des métiers 2022

L’artisanat est-ce une vocation pour vous ?

Complètement. Je ne me voyais pas exercer un métier dit « intellectuel ». Je suis baigné dans le monde de l’artisanat depuis tout petit. Dès que j’ai pu, j’ai travaillé sur les chantiers avec mon père alors la question ne s’est même pas posée. Aujourd’hui, je suis salarié de l’entreprise familiale initiée par mon grand-père et désormais gérée par mon père. J’ai suivi le mouvement familial.

Vous n’en êtes pas à votre coup d’essai en ce qui concerne les Olympiades des métiers. Qu’est-ce qui vous motive à chaque fois ?

J’ai participé à mes premières Olympiades en 2016, j’avais 16 ans. Mon père les avait faites alors j’ai voulu essayer. Au final, ça s’est révélé être un défi personnel et un dépassement de soi. J’étais arrivé 5ème aux sélections régionales. En 2018, j’ai retenté ma chance et décroché la 2ème place aux régionales. L’objectif c’était de faire mieux qu’aux premières. Puis sont arrivées les troisièmes et dernières Olympiades pour moi, en janvier. Je ne suis pas déçu de ma médaille d’argent car j’ai travaillé pour ça. Il faut savoir admettre que le premier était meilleur. Je suis bon joueur mais aussi bon perdant.

Vous allez participer aux championnats d’Europe en août 2023 en Pologne, quel est votre état d’esprit ?

Entre les finales nationales et les européennes, il y a 10 semaines. Ce qui va représenter une semaine et demi d’entrainement par mois, sans compter les week-ends. La préparation en amont de ce genre de concours est très intense. Je m’entraine aux côtés des médaillés d’or et de bronze, tous épaulés par un expert métier de France.

En quoi consistait votre épreuve aux finales nationales, à Lyon ?

Aux Olympiades, on travaille essentiellement sur des maquettes en briques de parement, avec des plans. On nous a demandé de réaliser un ouvrage qui était un lion, en clin d’œil à la ville d’accueil du concours. Chacun devait bûcher sur une maquette pendant 13h, réparties sur deux jours et demi. C’était très intense. J’avoue avoir eu un coup de mou le deuxième jour, sûrement une petite déconcentration. Mais j’ai su rattraper cet écart et globalement ça s’est bien passé. Dans ce genre de concours, tout est dans la précision. Plus on est précis, plus on a de chance de gagner.

Ces 3 participations aux Olympiades vous apprennent-elles à chaque fois sur vous ?

Bien sûr ! À chaque participation, on se redécouvre à chaque fois et ça nous permet de nous améliorer. Je peux mettre le doigt sur mes points forts et mes faiblesses. En entreprise, ça me sert beaucoup. Pour une personne qui participe aux Olympiades, on acquiert facilement l’équivalent de 3 ans d’expérience tant au niveau du savoir-faire que de l’organisation du travail, la propreté, l’élimination des gestes parasites, la précision… Tout est évalué.

Que peut-on vous souhaiter pour votre participation aux championnats d’Europe ?

Un podium. C’est tout ce que je veux.

**

Marius Connan, 22 ans.

Diplômes : CAP carreleur, BP carreleur, CAP plombier, Titre professionnel en bâti ancien

Médaillé de bronze en carrelage aux finales nationales des Olympiades des métiers 2022

L’artisanat a-t-il été un choix de cœur ou de raison ?

Dès ma sortie de 3ème, je savais que je souhaitais me diriger vers le métier de carreleur. L’artisanat c’est une passion. Je n’étais pas mauvais à l’école et mes professeurs au collège ne voulaient pas que j’aille en parcours professionnel. Je comprenais vite et bien, ils me voyaient davantage m’épanouir en lycée général. Mon père est dans le bâtiment et depuis très jeune je travaille avec lui. Je suis très manuel donc ça sonnait comme une évidence même si mes parents étaient réticents au métier de carreleur qu’ils trouvaient très dur physiquement.

Après une première participation aux Olympiades des métiers en 2018, vous décrochez cette fois-ci la médaille de bronze*. Quel est votre état d’esprit ?

Effectivement, en 2018 les finales nationales se sont déroulées à Caen. J’avais terminé 4ème et remporté la médaille d’excellence et le titre du meilleur jeune. J’étais satisfait de ma performance et ai voulu retenter l’aventure. Je suis arrivé 1er aux sélections départementales et régionales. Aux finales nationales, à Lyon, j’ai décroché la 3ème place. J’étais un peu déçu honnêtement car j’ai l’âme d’un compétiteur et quand je participe à un tel concours c’est pour gagner. Depuis, j’ai accepté ma place, c’est valorisant pour la suite.

*Le médaillé d’or participera aux finales mondiales à Shanghai ; le médaillé d’argent aux finales européennes. Avec sa 3ème place, Marius est désigné remplaçant de l’un ou l’autre en cas de désistement ou de problème.

En quoi consistait votre épreuve le jour J ? En termes d’investissement et d’entrainement, qu’est-ce que cela représente ?

D’abord, je tiens à remercier mon formateur Fabien Bellanger, qui m’a accompagné et m’a été d’une aide précieuse. L’entrainement se compte en semaines. On en a débité des carreaux ! Le jour J, j’ai reçu le sujet à 7h30, à réaliser en 21h sur deux jours et demi. Il fallait concevoir un panneau mural très technique, ajouter une 3D et un socle. Nous sommes notés sur tout : les niveaux, les aplombs, les cotations, l’utilisation de certains outils, l’esthétique, le nettoyage, etc. Même s’il mesurait 1,80 m de haut et 1,50 m de large, le sujet était relativement petit et donnait du fil à retordre. Un millimètre en trop ou en moins coûte très cher. Pour être précis et répondre au niveau d’exigence du concours, je me suis servi de l’outillage des miroitiers, plus précis pour la découpe de carrelage.

Y a-t-il un avant/après concours selon vous ?

Oui, je le ressens. J’ai acquis d’autres compétences. J’ai beaucoup appris. Finalement, on se mesure aux autres mais aussi à soi-même. On apprend à cerner nos points forts et nos points de rupture. C’est un concours que j’ai trouvé très difficile mentalement. Quel que soit le concours, il faut être organisé pour pouvoir gagner du temps. Une fois acquise, cette organisation se répercute sur notre travail en entreprise.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

Il y a plein de possibilités qui s’offrent à moi. Vous savez, à 22 ans on a encore beaucoup de choses devant nous. L’avenir me le dira. Quoi qu’il en soit, je me rends compte qu’il y a quelques années le carrelage était vu comme « simple ». Aujourd’hui, ça a tellement évolué dans les formats, les styles et les couleurs que c’est un métier qui a un bel avenir devant lui. Il y a une progression et ça donne envie.

Crédit photo – WordSkilld France

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